Lui, Keziah Jones, l'homme qui me fit aimer la musique comme jamais auparavant. Il y a encore un peu plus de deux ans, alors que je fouillais dans la discothèque paternelle, mes yeux se posèrent sur un nom puis sur une pochette. Au milieu d'un cadre, tenant sa guitare et affublé d'un chapeau blanc, l'impression de fouillis l'entourant me plaisait. Les premières notes d'Afrosurrealismfortheladies m'enchantèrent immédiatement puis les titres s'enchainèrent avec un bonheur délicieux. Rarement un album m'avait autant plu, je veux dire du début à la fin. L'aspect novateur et personnel des mélodies accompagnées de textes issus d'un génie; j'aimais absolument tout.
Chaque jour, j'écoutais cette musique. Je découvrais avec joie les opus précédents et la plus merveilleuse et géniale chanson Rhythm Is Love. J'avais dans l'idée de le voir en live un jour, mais cela restait plus un rêve chimérique qu'une réalité possible.
Arriva ce samedi 4 avril, 18h00. Deux tickets miraculeusement arrivés dans mes mains. Sensation étrange d'une surprise à laquelle je n'avais pas même songé. Bizarrement un sentiment d'irréel m'envahissait à peine arrivée au Cargö. Deux premières parties, durant lesquelles je tentais d'imaginer en vain à quoi pouvait bien ressembler ses concerts. Et puis ces réglages interminables. Interminables.
Les lumières s'éteignent. Des cris, des applaudissement envahissent alors la salle. L'électricité du moment monte rapidement. Les yeux brillent vers un même et unique point. Une note et tout s'éclaire. Des picotements me montent à la tête aussitôt. J'en prends plein les yeux, plein les oreilles, plein le c½ur. Mon esprit est ailleurs en tentant de garder en mémoire chaque image, chaque seconde. J'ai beau me dire que ce concert ne se reproduira surement pas d'ici quelques années, le temps file à toute vitesse. Je reste pourtant concentrée sur le moindre détail. Je ne vois plus rien autour, à part cette scène : un bassiste / un batteur / Keziah. Sa tenue ambiance Woodstock devient collante par la chaleur ambiante. Quelques gesticulations et le voilà torse nu. Les muscles saillants et la peau luisante, est presque arrivé le moment que j'attendais, celui de la chanson qui à musicalement fait basculer ma vie.
If I try to take you there, would you come with me?
The reason flies, the fear is scare, the ocean loves the sea
If I try to take you there, would you come with me?
The reason flies, the fear is scare, the ocean loves the sea
I say the ocean loves the sea
I say the ocean loves the sea
Parfait. J'en ai des frissons et, ça me plait pour une fois. Une merveille. Qu'est aussi la reprise d'All Along The Watchtower d'Hendrix. Les minutes filent à mesure que mon bonheur s'accroît.
Un rappel. Je ne veux plus que ça s'arrête. Je suis enfin bien, loin des tracas quotidiens, dans une sorte de bulle. Soudain la dernière note arrive. Brutale. Les lumières s'éteignent. Ça y est c'est fini. C'est la même sensation qu'un réveil inattendu après un doux rêve. Réellement, je me rends compte qu'essayer de garder ces moments gravés dans sa mémoire est littéralement infaisable. On est tellement subjugué par quelque chose qu'il faudrait en plus trouver le moyen de prendre du recul et de se dire "Profite, je te jure. profite" Il ne faut pas se mentir. Quelques semaines plus tard, je ne garde que des brides d'images, de mélodies, de sensations. C'est tellement frustrant. C'est peut être pourquoi j'écris, pour tenter de ne pas oublier.
Plus de 90 minutes d'un truc INEXPLICABLE. Des solos incroyables, un énergie invraisemblable, un charisme fou.
> C'était ça le meilleur concert de ma vie.